Look Up et imaginer des futurs possibles

Pour les générations actuelles et celles (espérons-le!) à venir

Priscylla Joca
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Une nouvelle année commence avec une sensation de déjà vu et de nouvelles vagues de pandémie. S’ensuivent des sentiments de survie, de deuil, de luttes, de pertes et de résistance. 

Face à ces situations, le désir de rêver et d’imaginer des futurs possibles se renforce comme un mouvement de réexistence pour des temps non dystopiques. J’ai écrit ce texte face à l’angoisse de Téo, mon fils, après que nous ayons regardé « Don’t Look Up ». J’avais besoin de lui dire, « mon fils, ta génération devra critiquer-imaginer beaucoup, afin de (re) construire ; n’aie pas peur de l’avenir, garde l’énergie de tes 15 ans, regarde vers le haut et rêve et chante pour repousser la fin du monde et construire des futurs possibles »


Un des grands défis de notre temps est d’imaginer des futurs possibles. Ou même d’imaginer un futur local ou global. On se souvient de quand on a regardé des films apocalyptiques ou post-apocalyptiques, les voyant comme des réalités alternatives, mais plutôt distantes. Peut-être, plusieurs d’entre nous n’auraient jamais imaginé qu’ils regarderaient un jour la comédie dramatique états-unienne « Don’t Look Up » avec malaise, étonnement, identification et empathie. Parce que c’est vrai, cela pourrait vraiment se produire, sur le plan métaphorique ou autrement.

Après le visionnement du film, on peut éprouver un sentiment de peur, d’angoisse et d’impuissance. Qu’est-ce qu’on fait face à ce malaise ? À mon avis, l’angoisse peut renforcer le désir d’imaginer des futurs possibles et la volonté de lutter pour le présent et l’avenir. Je suis d’origine brésilienne où une fin du monde est déjà en train d’arriver et ce n’est que l’un des des effets désastreux d’un gouvernement génocidaire et écocidaire. Dans le Sud géopolitique du monde, on a appris que la résistance, subjective et objective, est la seule façon de réinventer l’existence humaine.

On sait que devant les conséquences écologiques, sociales et économiques du capitalisme extractif, ainsi que devant les changements climatiques et la crise environnementale en temps de pandémie, ce n’est pas évident d’imaginer un avenir qui ne soit pas catastrophique, mais plutôt un futur dirigé vers la justice sociale, environnementale et climatique pour les peuples autochtones et non autochtones. Mais il faut imaginer ! On a la nécessité de rêver de ces futurs pour continuer à avancer. Vers où ? Vers un avenir où nous voudrions vivre au-delà de la simple survie.

Ailton Krenak, un penseur du Peuple Krenak (Brésil), dans son livre Idées pour retarder la fin du monde (2020), nous invite à continuer à imaginer l’avenir, à exploiter nos capacités d’être créatifs et créatives ainsi que de faire des critiques, à apprendre avec les peuples autochtones qui ont beaucoup à nous enseigner. Il nous invite, tous et toutes, à raconter nos histoires, à écouter et partager des expériences, parce que, selon lui, si nous sommes capables de raconter des histoires d’autres mondes et futurs possibles, nous retarderons la fin du monde. En sommes, Ailton Krenak nous invite à profiter de notre créativité, ne pas craindre les chutes et de construire un parachute coloré pour apprendre à planer et regarder le cosmos à partir de la perspective de cette position.

Cet automne, j’ai eu la chance d’être chargée du cours Droit des Autochtones à la Faculté de Droit de l’Université de Montréal. C’était une expérience magnifique et enrichissante ! En tant qu’enseignante, je crois qu’on doit partager nos connaissances et espoirs, alors, dans l’examen final, j’ai demandé aux étudiant.e.s : En tant que futurs juristes, comment imaginez-vous des futurs possibles ?

Et vous ? Comment imaginez-vous des futurs possibles ?

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